PREMIER DISCOURS : (Age 80 ans)

« Pour remédier à tous ces maux que les gens ont dès l’âge de 40 ou 50ans, l’homme doit vivre selon la simplicité dictée par la nature qui nous apprend à nous contenter de peu et à ne manger que le strict nécessaire, car tout excés de nourriture cause la maladie et mène à la mort.

« J’ai décidé de renoncer à l’intempérance à cause du long cortège d’infirmités qui avaient fortement affaibli ma constitution délicate. Je me suis livré à un excés de nourriture et de boisson durant des années et mon estomac a commencé à se détraquer, violentes coliques, accès gouteux avec fièvre continuelle. La seule délivrance que je pouvais espérer était la mort. Je me trouvais dans un état pitoyable à 40 ans. Des médecins m’ont fait comprendre qu’il était impératif que je change de mode de vie. »

« Ces arguments m’ont tellement impressionné que, terrorisé par l’idée de mourir jeune, j’ai décidé immédiatement de mener une vie régulière afin d’éviter une mort prématurée. Convaincu et déterminé, rien n’a réussi à m’en dissuader.

Le résultat est qu’en quelques jours seulement, j’ai commencé à constater que ce mode de vie me convenait parfaitement, et en moins d’un an, j’ai été entièrement libéré de tous mes problèmes de santé.

Pour maîtriser sa santé, l’homme doit maîtriser son appétit. Comme je continue de suivre ce régime modéré, j’ai une excellente santé et en aucun cas je ne manquerai de respecter la règle de la modération.

– Qui mange peu, mange beaucoup, durant de longues années.

– Ce que nous laissons après un repas copieux nous fait plus de bien que ce que nous avons mangé.

A l’avenir, l’homme qui suit ces recommandations ne tombera plus jamais malade, il n’aura plus besoin de médecins et de médicaments, il deviendra son propre médecin, car lui seul est son meilleur médecin. Il est impossible d’être un parfait médecin pour quelqu’un d’autre.

Certaines personnes disent préférer une vie courte et agréable à une vie longue faite de privations et de sacrifices. Mais ceux qui maîtrisent leur appétit sont véritablement les plus heureux et ont une vie longue et heureuse.

Celui qui mène une vie régulière, c’est quoi ?

– Savoir déterminer la quantité minimale de nourriture et de boisson nécessaire pour satisfaire ses besoins quotidiens.

– Savoir sélectionner les types d’aliments et de boisson adaptés à sa constitution.

– Respecter rigoureusement sa décision d’observer ces principes.

Une vie modérée détruit tout germe de maladie. En éliminant la cause on empêche l’effet. Et donc, il est impossible qu’il puisse tomber malade.

Il n’est pas indispensable de manger aussi peu. – 340grs -, mais moi j’ai dû y renoncer à cause de la fragilité de mon estomac.

Ceux qui tolèrent toutes sortes d’aliments peuvent manger de tout mais seulement en petite quantité. La seule règle à observer dans ce cas est la quantité plutôt que la qualité.

Je peux vous affirmer qu’un homme dont la constitution est fragile, mais qui vit de cette façon est sûr de vivre plus longtemps qu’un homme qui a une constitution solide mais qui mène une vie immodérée.

Les excès n’apportent que la misère, la maladie et la mort.

Je monte à cheval sans aide, je grimpe facilement une « volée » d’escaliers, je peux gravir une colline sans m’essouffler. Je suis gai et de bonne humeur, mon esprit est calme, en fait, la joie et la paix règnent dans mon coeur.

Mon palais savoure mieux les plats simples que je mange. Je suis sain d’esprit et de corps. Et je chante, car j’ai une voix meilleure maintenant.

La beauté des choses ne peut être appréciée que par ceux qui bénéficient d’une bonne santé physique et mentale.

La fortune et l’abondance ne valent rien sans une bonne santé.

La sobriété est l’amie de la nature, la fille de la raison, la soeur de toutes les vertus, la compagne de la vie tempérée, modeste, discrète, satisfaite de peu, constante, et la maîtresse parfaite de tous les agissements. D’elles jaillissent a vie, la santé, la gaieté.

La gourmandise, l’excès, le manque de modération, les humeurs inutiles, les maladies, les douleurs disparaissent comme les brumes au soleil.

 

SECOND DISCOURS : (Âge 86 ans)

 

Une personne de faible constitution peut grâce à la raison et à une vie sobre, atteindre le grand âge, tout en restant en bonne santé. La preuve, je suis sain et vigoureux à 86 ans., 46 ans de plus que mes prévisions.

Mon cerveau fonctionne mieux et aucune de mes facultés ne diminue avec les années. Cela est dû au fait qu’en vieillissant, je réduis progressivement la quantité de nourriture solide. L’homme vieux peut se satisfaire de très peu de nourriture. Dans cette phase de la vie, un jaune d’oeuf et quelques cuillérées de lait avec du pain suffisent largement pour tenir 24 heures.

Il ne faut pas craindre d’abréger ses jours en mangeant peu. L’homme s’affaiblit en vieillissant et le processus d’élimination des déchets ralentit. Je suis fort et vigoureux, de bonne humeur, je n’ai mal nulle part et pourtant je suis très âgé et je ne vis que de très peu.

Les gens pourraient vivre longtemps et heureux si, en vieillissant, ils diminuaient la quantité de nourriture et mangeaient souvent mais peu. Les vieux estomacs ne peuvent pas digérer de grandes quantités.

Le pain est en fait absolument indispensable, il est avant tout la meilleure de toutes les nourritures pour l’homme.

Je constate qu’avant je mangeai 2 fois par jour, et maintenant que je suis plus âgé, il me convient plus de manger 4 fois par jour et de diminuer la quantité  à mesure que les années passent.

Mon esprit n’est jamais alourdi par un excès de nourriture, il est toujours vif, même après manger, toujours clair, jamais somnolent. Je prends juste ce qu’il faut pour maintenir mon corps et mon âme. Je mange en général du pain, de la panade, des jaunes d’oeuf et des potages. Pour la viande, je mange du chevreau et du mouton. Je consomme toutes sortes de volaille et aussi des poissons de mer et d’eau douce.

L’excès de quantité est encore plus nuisible qu’une nourriture inappropriée.

La différence entre une vie régulière et modérée et une vie irrégulière et immodérée est grande ! L’un donne la santé et la longévité, l’autre la maladie et la mort.

Me voici, un vieillard, plein de vie et de joie, plus heureux qu’à n’importe quelle période passée de ma vie.

Le plaisir du palais est éphémère comparé à la durée de la maladie qui est plus longue.

 

TROISIEME DISCOURS : (âge 91ans)

 

Je suis plus sain et vigoureux que jamais à la plus grande stupéfaction de tous ceux qui me connaissent. Je passe beaucoup plus de temps à marcher et à chanter. Les médecins et philosophes m’ont dit que cela tenait du miracle qu’à mon âge je sois encore capable d’écrire sur des sujets qui exigent en même temps du jugement et de l’esprit.

Je leur ai expliqué que toute l’humanité pourrait aussi jouir de ce bonheur et que je ne suis qu’un simple mortel comme tous les autres, à part que je suis plus fragile et que je n’ai pas ce qu’on appelle une forte constitution.

Chaque homme est son propre guide. Il doit consulter son jugement et sa raison plutôt que son envie ou son appétit.

Vivre dans la sobriété est une tâche difficile mais glorieuse et réalisable. Plus les obstacles à surmonter sont immenses, plus l’honneur et les bénéfices seront grands.

Ainsi les pensées de la mort ne me tracassent pas le moins du monde. Que ma vie est belle ! Quelle fin heureuse j’aurai !

Ma manière de vivre est accessible à n’importe quel homme.

QUATRIEME DISCOURS : (âge 95 ans)

 

J’ai maintenant 95 ans et je suis toujours en bonne santé, vigoureux, content et joyeux. Cela est incroyable pour certains. La pensée de la mort ne me tourmente pas du tout. D’ailleurs, je crois fermement que j’atteindrai l’âge de 100 ans.

Beaucoup pensent que comme la santé et la vigueur s’affaiblissent ils doivent manger plus et c’est le contraire qui se produit, ils s’affaiblissent encore plus vite.

La force diminue, l’homme devrait diminuer la quantité de nourriture. S’il le faisait au bon moment, il ne développerait pas des maladies durant ses vieux jours et prolongerait sa vie.

La sobriété a le pouvoir d’éliminer la cause des maladies et donc la maladie.

Je compte partir doucement et paisiblement car malgré mon grand âge, je suis bien portant et joyeux, j’ai bon appétit et je dors bien. Tous mes sens sont en parfait état, mon intelligence est claire et vive, mon jugement sain, ma mémoire fiable, mon moral bon et je chante matin et soir.

Quelle différence avec la vie de la plupart des personnes âgées remplie de maux, de douleurs et d’appréhension, La mienne est pleine de vrais plaisirs dans une ronde perpétuelle de distractions.

Cela me procure une grande joie d’être capable d’écrire et d’être utile ainsi aux autres.

On doit apprendre aux hommes que la modération est le chemin de la santé physique et morale. »