A la toute extrémité de notre corps nous trouvons un tissu très particulier, aux allures de griffes, de corne, je veux parler de l’ongle. Résidu de notre début sur terre lorsque nous n’avions que ces rognures pour nous défendre? C’est peu et c’est pourquoi Marx et d’autres philosophes ont écrit qu’en fin de compte, l’homme est né nu, sans poil, sans capacités physiques extraordinaires comme la course ou la force, sans dents comme des crocs, sans ongles comme des serres d’aigle, nu uniquement pour pouvoir développer notre esprit afin de survivre. Nous sommes encore dans cette proto-épopée de notre histoire. Il est temps maintenant de nous habituer à cohabiter avec notre environnement qui n’est plus hostile puisque nous le dominons en garde partie.
Mais revenons à notre sujet, l’ongle. Du latin uncus avec sa variante ancus, de l’indo-européen h’onkos qui signifie, crochet, courbe, détour, tumeur qui a donné onco en grec d’ou le service d’oncologie, pour les soins des cancers.
Pensiez-vous que le mot ongle nous amenait au cancer dans son étymologie? Certes non et pourtant les chinois dans leur analyse et leur observations pointues ont découvert que ces ongles reflétaient aussi, comme la langue et bien d’autres choses encore, notre état intérieur. Cet ongle, donc crochet ou détour est un indicateur de notre vitalité.

Il faut y distinguer la forme, la couleur, les taches ou lignes, et sur quel doigt cela apparaît.
Je ne vais pas vous encombrer avec tous les détails qui alourdiraient considérablement ce billet. Nous allons juste nous intéresser à une ligne appelée « ligne de Beau » qui est comme un bourrelet de l’ongle qui restera toujours au même endroit malgré la pousse de celui-ci. C’est donc un renflement transversal, qui barre l’ongle.
Si cette ligne est sur le pouce: dépression mentale sévère
Sur l’index: goutte, trouble du foie
Sur le médius: atteinte des organes émonctoires du bas (Reins, vessie, intestins)
Sur l’annulaire: problèmes cardiaques ou pulmonaires
Sur l’auriculaire: dépression nerveuse liée à la vésicule biliaire.
C’est déjà un bon indicateur et l’observer sur soi permet de se dire qu’il y a peut-être un besoin de se faire aider pour franchir cette étape qui n’est qu’une manifestation d’un mal-être dans notre vie dont nous n’arrivons pas à modifier la situation.

Une autre particularité des ongles c’est que beaucoup de personnes se jettent dessus pour les manger. L’onycophagie est le mot qui signifie « manger ses ongles ». A sortir dans une soirée, succès garanti!
Bon, que révèle cet état? Oui bien sûr, un état de nervosité et de parasitose. Mais c’est aussi une façon de se détruire en se mangeant. Et oui les maladies auto-immunes sont des maladies d’auto-destruction. Manger ses ongles est une façon de s’annihiler en commençant par les extrémités. Certains se rognent les ongles au bout du doigt mais d’autres vont les grignoter très loin, dépassant une limite et on voit alors la peau du dessous se mettre à boursouffler et recouvrir le peu d’ongle qui reste. Inesthétique certes mais aussi grande souffrance car cela fait mal. Cette destruction est souvent liée aux parasites comme les vers, tenia ou autres. Mais cela peut révéler qu’une personne est en souffrance et se sent salie, ne se supportant plus et ne souhaitant que disparaître. Alors commence le long processus de sape, d’abord par les extrémités des mains et puis ensuite celui des pieds. J’ai eu en cabinet une femme qui se rongeait l’ongle du gros orteil à tel point que je pouvais en voir l’os!

L’ongle aujourd’hui est caché par les faux-ongles. Et encore une fois on préfère cacher que de montrer ce que l’on est vraiment. L’ongle est devenu un juteux commerce de séduction mais c’est oublier que c’est avant tout un super indicateur de ce que nous sommes en nous, tant physique que psychique et qu’il vaut mieux rayonner par un bel état de santé et une belle âme que par les brillants et les strass de la séduction, surtout quand ceux-là détruisent les ongles par tous les produits toxiques qu’ils absorbent.

Reprise article de J Motte