Depuis quelques années, les connaissances classiques en neurosciences sont bouleversées par les nouvelles observations et les études sur la plasticité neuronale. auparavant, il était admis qu’une fois adulte, le cerveau ne peut que perdre des neurones sans capacité de régénération et que les éléments fonctionnels était figés sans possibilité de transformation.

Les techniques d’imagerie par résonance (IRM), les méthodes d’imagerie fonctionnelle, les techniques électrophysiologiques montre au contraire que, loin d’être définitivement fixé dans sa fonctionnalité, le cerveau était capable, dans certaines limites, de se régénérer, d’établir de nouvelles connexions, de contourner des difficultés en prenant des chemin secondaires, bref d’avoir une stratégie d’adaptation qui lui permet de se transformer en permanence.

La plupart des découvertes en plasticité neuronale proviennent d’observation cliniques sur des déficiences neurologiques. L’utilisation d’outils appropriés a permis de montrer que les composants du cerveau ont une stratégie dynamique pour contourner ces déficiences et de favoriser l’auto-réparation. quelques exemple sont fournis par le Dr Norman Doidge dans son livre « Brain that change itself » paru en 2008. Ces techniques sont des outils qui permettent de faciliter le renforcement de connexions nerveuses existantes ou de diriger des informations nerveuses vers d’autres voies que celles utilisées habituellement.

Grâce à un entrainement ciblé, les voies nerveuses « empruntées » vont devenir de plus en plus efficaces pour véhiculer ces informations, se substituant ainsi à celles qui ne sont plus opérationnelles. De la même façon que les exercices de renforcement de la mémoire permettent d’être plus performant, des exercices appropriés favorisent et facilitent des activités physiques et/ou mentales complexes.

Or c’est exactement ce que le Qi Gong propose, non pas pour palier à des activités déficientes mais pour renforcer ses capacités physiques et mentale sur des personnes sans pathologie particulière. En réalité, la plupart des directives dans la pratique du Qi gong sont de façon empirique destinées à favoriser de meilleures performances et à « harmoniser » le fonctionnement normal de l’organisme.

La concentration mentale, la visualisation, la respiration consciente, le travail sur le « ressenti » sont autant d’outils que les pratiquants de Qi Gong utilisent.

Or les neurologues contemporains utilisent des outils similaires dans une démarche très proche de celle des maîtres de Qi Gong pour améliorer et renforcer le fonctionnement des voies nerveuses. Ainsi, les découvertes en neurosciences peuvent apporter des éclairages sur les mécanismes de fonctionnement du Qi gong. Sans pouvoir apporter de preuves directes de ses effets, on peut pour le moins établir des parallèles et des corrélations entre ces 2 disciplines.

POURQUOI SE CONCENTRER SUR LA RESPIRATION?

Quoi de plus naturel que la respiration? Nous y sommes tellement habitués que c’est seulement quand nous faisons l’effort d’y penser que nous prenons conscience de notre existence. Nous y prêtons attention lorsque nous nous trouvons dans une situation inhabituelle : de surprise, de peur, d’angoisse, de stress, d’efforts physiques. On a « le souffle court », « le souffle coupé ». On ne survit pas si on ne respire pas pendant un temps de l’ordre de quelques minutes. Alros pourquoi dit-on qu’il faut se concentrer sur sa respiration dans toutes sortes de pratiques : Yoga, Tai chi, Qi Gong, Méditation, Sophrologie, Relaxation…alors qu’il s’agit d’un phénomène physiologique naturel?

Les pratiques récentes et contemporaines de développement personnel, de bien-être, d’épanouissement personnel, « découvrent » l’importance de la respiration depuis le siècle dernier dans les pays développés. Cet effet de mode a certainement contribué à faire « découvrir » le Qi Gong.

En s’appuyant sur les mécanisme de la plasticité neuronale, on peut postuler que la concentration et la visualisation sur la respiration consciente en particulier en se concentrant sur les muscles de l’abdomen peuvent avoir les fonctions suivantes :

  • une meilleure communication entre la respiration consciente corticale et les fonction automatique de la respiration spontanée dont les centres sont bulbaires (Il s’agit des centres de commande de plusieurs nerfs crâniens).
  • une meilleure communication avec d’autres fonctions comme celle du rythme cardiaque dont on sait aujourd’hui que la cohérence cardiaque est en relation avec la respiration.
  • une intervention sur le métabolisme endocrinien et les médiateurs immunologiques.
  • des effets sur l’hyperventilation dont on connaît les conséquences sur une modification de l’état mental, etc.

On peut poser l’hypothèse que les effets de la respiration consciente sont surtout liés  à la capacité des circuits neuronaux à se renforcer et à devenir de plus en plus performants dans différents domaines (immunitaire, neuro-endocriniens etc.) embrassant ainsi le champ de l’émotion et du comportement social. Les études sur l’activité cérébrale des méditants expérimentés montrent qu’ils ont acquis des capacités mentales développée par une pratique assidue. L’enregistrement des activités cérébrales de bonzes tibétains montrent qu’ils développent des capacités cérébrales particulière grâce à la méditation comme le rapporte Mathieu Ricard et Richard J. Davidson chercheur à l’université du Wisconsin, Madison.

Le Qi Gong permet de l’étendre à des domaines bien plus vastes. Les maîtres de Qi gong étaient-ils des neuroplasticiens avant l’heure?

Extrait d’un article paru dans énergésciences